Cette idée m'est venue lors de ma psychothérapie, il y a 3 ans. Je me retrouvais au pied du mur. Ma tendance était au rapprochement étroit, l'idéal étant la fusion, mais je la combattais avec
cette idée que l'on fait fuir, si on « colle » trop. Ne pouvant trouver un équilibre entre ces 2 tendances, il ne me restait plus qu'une solution, restée seule. Je me réjouie maintenant
de cette décision. L'épreuve a été dure mais enrichissante. J'attendais qu'on m'aime pour me sentir aimable. J'ai découvert que s'aimer soi-même ouvrait à la liberté et l'épanouissement. En
devenant une personne et non un élément d'un couple, j'ai pu faire des choix, avoir des envies, des idées, des besoins, tout cela conduisant à plus de plaisir, plus de sens, plus de sérénité.
Plus étonnant encore, en devenant une personne, j'ai pu m'ouvrir aux les autres. S'aimer permet d'aimer. Alors qu'est-ce que l'amour fusionnel ? La première idée est celle d'un grand amour,
tellement grand qu'il devient exclusif. Mais n'est-ce pas plutôt le besoin qui prime dans un couple fusionnel, besoin d'être aimé, besoin d'être rassuré, besoin d'être encouragé, soutenu ?
J'ai une relation à distance. Ma première réaction a été de vouloir transformer mon ami afin qu'il réponde à mes besoins. Bien sûr, c'était source de conflits et d'incompréhension. La réponse
était « tu ne me fais pas confiance, tu me critiques tout le temps » et au final, je recevais encore moins, car il se protégeait, se repliait sur lui-même, à mon grand désespoir. J'ai
donc essayé de le respecter, c'est-à-dire, de l'aimer tel qu'il était, mais au prix d'effort et de frustration. Ca produisait cela : je t'accepte comme tu es, c'est-à-dire distant, mais je
t'en veux. Alors, pour ne pas souffrir, j'ai du me prendre en charge. Ne lui demandant plus de s'occuper de mes besoins, j'ai du écouter mes besoins. Ne lui demandant plus de prendre en charge
mon ennui, j'ai appris à être attentive à mes envies, et à faire l'effort de changer. Comme dit le proverbe : « qui fuit, suit, qui suit, fuit » le fait que je sois moins en
demande, l'a rapproché de moi. Bien sûr, chacun comprendra pourquoi. Il est évident qu'on se sent mieux quand on est libre d'être soi-même, quand on est accepté tel que l'on est. Mais je garde
cette sensation de mystère. Si je donne tout (du moins je crois tout donner), mon partenaire s'éloigne, ce qui ressemble à de l'ingratitude. Si je prends de la distance, mon partenaire m'aime
d'avantage. C'est tout de même un paradoxe, ou une gymnastique mentale qui ne va pas de soi, du moins en apparence, car qu'est-ce que signifie « aimer ». « Aimer » ne veut pas
dire « posseder ». J'ai en tête l'image d'un oiseau sur une main. Aimer, c'est être là tout en respectant la liberté. Mon comportement était tout simplement dysfonctionnel et imature.
Jacques Salomé (http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Articles-et-Dossiers/Trouver-la-bonne-distance
)
Il pose ici le problème de la violence qu'on fait à l'autre quand on lui impose sa vison du couple « Le besoin de présence et, surtout,
de l'attention de celui ou de celle pour qui nous avons de l'attachement peut être vécu par ceux-ci comme inconfortable, parfois même comme intrusif. », « j'ai besoin »
donc « tu dois ».
« Cela commence tôt dans la vie d'un enfant, avec des questions intrusives » parfois j'entends des parents tout à fait aimant,
parler de leur enfant de façon possessive et paradoxalement, ça me fait mal, ça me renvoie à ce que m'a fait ma mère : « dis à papa, papa est là » mais dans ces mots là, il y a
aussi le sens suivant : « je suis ton père, j'ai besoin que tu me reconnaisses comme tel ».
«Ma naïveté fut longtemps de croire que ceux qui manifestaient quelque considération pour moi pouvaient entendre mon besoin de retrait, de
réserve ou de solitude » on retrouve là, cette idée de fusion qui fait que l'autre étant soi, il devine bien entendu nos pensées, hors c'est faux, illusoire, pourvoyeur de
malentendus. Il faut dire, et non seulement dire, mais s'assurer que l'autre a bien compris.
« Le plus difficile est de dire non à une attente de ceux qui nous aiment, attente chez eux qui cherche à s'imposer comme une évidence
pour nous ! « On se voit si peu, c'est important pour moi de savoir ce que tu vis !» les 2 individus formant couple ont chacun des besoins. Fasse à un besoin vis-à-vis de son
conjoint, nous avons deux solutions : nous allons d'abord le solliciter en espérant qu'il comprendra, mais il se peut que notre partenaire ne puisse pas répondre à nos besoins, soit que
ceux-ci sont trop grand « j'ai besoin que tu sois près de moi tout le temps, que tu ne penses qu'à moi », soit que sa personnalité ne le lui permet pas « j'ai besoin que tu sois
plus affectueux, plus démonstratif ». Je pense tout de même qu'il est important d'entendre la demande quitte à dire non et à s'expliquer « je comprends que tu aies besoin de moi, mais
je dois aussi travailler, j'ai besoin de toi mais aussi de mes amis, ou de ma solitude » Le fait de répondre « non » à un besoin en argument sur ses propres besoins est tout à fait
entendable et évite le sentiment de rejet. « je comprends que tu aies besoin de plus de tendresse, mais je n'ai pas été habitué comme ça ». J'ai moi-même ce genre de besoin inassouvi et
je me suis demandée si je ne devais pas plutôt chercher ailleurs ce que mon ami semblait ne pas pouvoir me donner. Mais voilà, on ne peut tout attendre de son conjoint, et tout sacrifier pour un
seul besoin était démesuré. J'ai donc plutôt choisi d'assumer par moi-même les besoins non comblés.
Et voilà la phrase qui résume tout : « La bonne distance est à inventer à chaque rencontre, elle n'obéit à aucune règle, sinon
celle d'écouter les milles signes qui peuvent s'accorder et s'amplifier ».
Ai-je moi-même trouvé la bonne distance relationnelle ? En faite, la question ne se pose plus car j'ai trouvé la paix à l'intérieur de moi et la paix avec celui que j'aime. Ce n'est pas que
tous mes problèmes soient résolus, mais je sais maintenant que j'ai les ressources en moi. Je sais que je ne peux pas changer mon ami, mais je sais qu'il me donne le meilleur de lui-même,
qu'espérer de plus ? Si je m'approche trop, il me le fera comprendre, si je m'éloigne trop, il me le fera comprendre aussi. Les choses sont beaucoup plus simples que je ne le pensais, tout
est dans la confiance en soi et en l'autre. C'est le sentiment d'insécurité qui provoque ce désir de rapprochement ou ce besoin d'éloignement.
Un livre de Catherine Deshays : trouver la bonne distance avec l'autre grâce au curseur relationnel.
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