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la dépendance affective

http://lenvolee.forumparfait.com/dependance-affective-et-besoins-humains-vt2.html
LA DÉPENDANCE AFFECTIVE
(Le Goût d'être heureux,chapitre 9)


Certaines personnes ont une telle peur d’être rejetées qu’elles orientent toute leur vie en fonction de cette peur. Soit elles vivent dans la soumission la plus

Des milliers d’individus en proie à une telle angoisse vont consulter le médecin et se retrouvent malheureusement avec une prescription d’anxiolytique ou de Valium au lieu de chercher la véritable cause de leur angoisse. Ils peuvent passer des années à étouffer leur problème par l’absorption de ces drogues. Cette façon de nier la réalité, c’est comme de mettre un plâtre sur une jambe de bois. D’autres drogues encore plus puissantes contrôlent les humeurs de personnes en difficulté de croissance psychologique. Au lieu de les aider à grandir, on les maintient dans un état neutre pour les empêcher de faire une dépression en ne réalisant pas qu’on les tue à petit feu. Aux États-Unis, le fameux Prozac, par exemple, se vend comme des petits pains chauds.

La personne souffrant de dépendance affective se sent totalement impuissante à se faire aimer parce que, à la suite des nombreux rejets et abandons qu’elle a subis au cours de son enfance, elle en est venue à la conviction qu’elle ne valait pas la peine d’être aimée. Elle voudrait bien se convaincre qu’elle peut réussir à se faire aimer, qu’elle réussira, adulte, ce qu’elle n’a pas réussi lorsqu’elle était enfant. Un âpre combat commence alors entre la partie qui se dit qu’elle <<ne vaut pas la peine d’être aimée» et celle qui veut <<absolument mériter cet amour».

La personne souffrant de dépendance affective ne tientpas vraiment à gagner le combat. Alors elle va, inconsciemment, choisir des partenaires inaccessibles, des gens mariés ou vivant dans un autre pays, par exemple. Le défi doit toujours être de taille pour le dépendant affectif, sinon ça ne vaut pas la peine de s’y attaquer. Je me souviens de la théorie émise par l’une de mes copines au sujet des bons gars et des gars plus inaccessibles. Elle avait remarqué que pour plusieurs d’entre nous, toujours célibataires, les bons gars présentaient peu d’intérêt alors que les hommes compliqués faisaient monter les enchères, pour employer son expression. On observe le même phénomène chez les hommes; en effet, certains ne s’intéressent qu’à des femmes fatales, mystérieuses, impossibles à conquérir, mais qu’ils espèrent faire flancher.

Si vous avez une peur maladive d’être rejeté, que vous avez de la difficulté à établir une relation de couple sereine ou que vous désespérez de rencontrer l’âme sœur, vous souffrez peut-être de dépendance affective.

Reconnaître sa dépendance

Il est toujours plus facile de reconnaître la dépendance affective d’un autre que la sienne. Plusieurs personnes m’ont avoué que la section sur la dépendance affective dans mon livre Petits Gestes et grandes joies les avait marquées. Elles se demandaient si elles ne souffraient pas de ce problème. Une bonne façon de déterminer si on souffre de dépendance affective, c’est de se demander si quelque chose nous fait peur dans nos relations interpersonnelles ou même de travail.

La personne souffrant de dépendance affective a peur de ne pas se trouver de partenaire ou de perdre celui qu’elle a. Elle n’est donc jamais vraiment heureuse; lorsqu’elle est seule elle ressent un vide, alors qu’en couple elle sent une menace peser sur elle. La peur de <<rester sur le carreau» ou celle de perdre l’être cher n’est pas une simple inquiétude que peut à l’occasion ressentir tout être humain, c’est une peur très envahissante qui peut se transformer en véritable panique et entraîner des gestes désespérés.

La peur de perdre son partenaire résulte presque toujours de la crainte qu’on avait de perdre son père ou sa mère lorsqu’on était enfant. En transférant cette peur sur le partenaire, on donne à cette personne un pouvoir extraordinaire sur nous. On finit par se convaincre qu’elle seule ou lui seul peut nous rendre heureux, combler nos désirs les plus secrets, nous comprendre. Pour un dépendant affectif, l’être aimé constitue de la véritable morphine humaine, dont les doses doivent toujours être augmentées pour maintenir l’effet.

Au tout début d’une relation, il n’est pas toujours facile de détecter si le désir de se rapprocher de l’autre est le désir sain et légitime que tous les amoureux ressentent. Chez une personne souffrant de dépendance affective, ce désir provient surtout d’une grande soif d’attachement et d’une recherche de la symbiose. Une bonne façon d’évaluer la qualité de notre relation, c’est d’observer notre réaction lorsque notre partenaire ne peut accéder à notre désir de le voir ou qu’il ne fait pas un geste que nous aurions apprécié. La personne dépendante affective réagit très mal à tous les contretemps, qu’elle interprète comme un rejet sans essayer de comprendre son partenaire. Toutes les occasions sont bonnes pour revivre les abandons et les rejets du passé et rebrasser ses émotions. Résultat: on fait de la peine à son partenaire, ou des colères injustifiées. Quant à la personne qui ne souffre pas de dépendance affective, elle n’en fera pas une montagne si l’être aimé ne peut la voir ou même s’il n’en a tout simplement pas envie à ce moment précis.

Un autre indice de dépendance affective, c’est notre perception du temps lorsque nous ne sommes pas en présence de la personne aimée. Une heure peut nous paraître une journée et le fait de ne pas avoir de nouvelles pendant quelques jours peut conduire à un état de panique. Nous n’avons plus aucun jugement et nous sommes incapables de relativiser les événements.

Le dépendant affectif peut aussi choisir des partenaires qu’il veut à tout prix sauver: des personnes souffrant d’alcoolisme ou de toxicomanie, des maniaques du travail, des personnes de milieu modeste… Il part en croisade en se disant qu’il deviendra indispensable à la personne qu’il va sauver et qu’elle ne voudra plus jamais le quitter. Lorsque cela se produit malgré tout, c’est la crise, qui mène parfois au suicide ou même, dans certains cas, au meurtre passionnel.

La soif d’attachement du dépendant affectif est aussi un repère pour identifier le problème. Cette soif peut cependant être canalisée pour qu’elle n’ait pas d’effets nocifs sur le comportement et le bien-être de cette personne. Mon frère Louis a l’habitude de conseiller à une personne souffrant d’une telle soif de la disperser en ayant plusieurs points d’ancrage, au lieu de mettre tous ses œufs dans le même panier. Vouloir tisser des liens dans le contexte d’une relation saine n’est pas mauvais en soi et il existe des attachements qui ne sont pas nocifs. Ils le deviennent lorsqu’ils empêchent les personnes <<attachées» de se sentir libres et qu’ils maintiennent de force une union où ne règne aucune harmonie.

La dépendance affective est l’un des problèmes les plus graves dont peut souffrir une personne parce que, plus que tout autre, il engendre toutes les peurs humaines que l’on puisse imaginer: peur d’aimer, peur d’être aimé, peur d’être abandonné, peur de ne pas être à la hauteur, peur d’être rejeté, peur de ne pas en faire assez pour les autres, peur d’être exploité parce qu’on en fait trop, peur d’être seul et peur d’être avec les autres. De plus, à partir de la quarantaine, tous les anesthésiants que le dépendant affectif utilise pour survivre commencent à moins faire effet et ne réussissent plus à atténuer la souffrance. La personne se retrouve alors dans un cul-de-sac et se dirige, petit à petit, vers des maladies de plus en plus graves dont elle n’arrive pas à se débarrasser et dont elle ne comprend pas l’origine. Le père Martin, dont j’ai parlé précédemment, avait émis l’hypothèse que plusieurs personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer seraient justement des personnes qui n’ont pas eu la chance de se débarrasser de leur dépendance et qui, pour en finir avec la souffrance, optent pour ce genre d’évasion jusqu’à la fin de leur triste vie. Il ne faut pas généraliser, bien sûr, mais une telle observation devrait nous mettre sur nos gardes et nous inciter à prendre le plus vite possible les moyens nécessaires pour régler une situation qui nous fait risquer gros.

Retrouver l’enfant en soi


Partir à la découverte et à la rencontre de notre enfant intérieur implique en tout premier lieu que l’on accepte le principe qu’un tel enfant existe maintenant et pas seulement qu’il a existé dans notre passé. Cette prise de conscience est fondamentale pour effectuer le travail de libération de la dépendance affective.

Personnellement, j’ai fait cette prise de conscience tout simplement en écoutant les propos de mon frère Louis qui a, en quelque sorte, déblayé le terrain et m’a devancée par ses propres expériences en ce domaine. Au tout début, lorsqu’il me parlait de l’enfant en lui, je pensais qu’il avait une imagination très fertile. Je voyais cet enfant comme le symbole d’une partie de notre mémoire et n’arrivais pas à me mettre dans la tête qu’il s’agissait de beaucoup plus qu’un symbole, mais bien de quelque chose d’aussi réel que l’adulte que j’étais devenue.

Je devais pourtant admettre que ce que décrivait mon frère, tous ses symptômes de souffrance et son incapacité à éprouver la sérénité de façon durable, ressemblait étrangement à ce que je vivais péniblement depuis des années. Malgré mes succès avec la programmation du subconscient et les grands pas que j’avais effectués dans ma vie professionnelle, je souffrais toujours et me sentais vulnérable. Je me demandais même si toutes les années consacrées à la recherche du bonheur n’avaient été qu’un long détour qui me ramenait au cul-de-sac du début de mon adolescence.

J’observais le visage serein et épanoui de mon frère, et l’écoutais rire de bon cœur en racontant tous ses malheurs passés dont il était enfin libéré. De plus, je m’émerveillais de sa santé, lui qui avait subi trois opérations à cœur ouvert et avait passé des années à consommer de l’alcool pour s’évader de sa souffrance. Je me disais donc qu’il devait sûrement y avoir quelque chose de véridique dans ses propos pour qu’il ait obtenu un tel résultat durable.

Un peu sceptique mais prête à lui accorder le bénéfice du doute, j’ai donc entrepris d’essayer de comprendre le phénomène de l’enfant en soi, mentionné par certains auteurs, comme, par exemple, John Bradshaw dans Retrouver l’enfant en soi. Quelques lectures m’ont appris que notre personnalité est faite de plusieurs composantes, qui jouent des rôles différents selon nos propres besoins de survie. Ces personnages sont notamment l’adulte, le parent nourricier, le parent autoritaire, l’enfant sain ou naturel, et l’enfant adapté ou rebelle.

Les auteurs peuvent apporter quelques variantes aux différentes composantes de notre personnalité mais, dans l’ensemble, ils ont une perception assez semblable. Afin de bien vous faire comprendre les aspects de la personnalité qui ressortent lorsque nous utilisons ces composantes, j’ai retenu les explications de Dorothy Corkille Briggs, tirées du livre Être soi-même publié aux Éditions de l’Homme.

Le Parent-Nourricier fait preuve de sympathie; il démontre, explique, modèle, réagit, partage son pouvoir, apprécie, voit ce qui est bien. Il agit sur l’environnement, non sur l’enfant. Il enseigne: «Tu es différent de ta façon de te comporter.» Il fournit un cadre, des limites solides sans être excessives.

Le Parent-Autoritaire juge, punit, exige trop, recherche la bête noire, garde son pouvoir pour lui seul, cherche à contrôler, remarque ce qui est mal. Il enseigne: «Tu es ce que tu fais.» Il punit. Ou se montre distant, désintéressé. Il dresse des bornes excessivement limitatives (ou ne fournit aucun point de référence).

L’Adulte possède une pensée rationnelle; il est en contact avec la réalité; il préfère un bénéfice à long terme à un plaisir momentané; il juge des diverses éventualités; il se sent responsable envers soi et les autres. Il est celui qui choisit. Il n’écarte aucune possibilité.

L’Enfant-Rebelle se sent démuni, blessé, dépossédé, révolté, inadapté, «mauvais», peu aimable. Sa culpabilité le domine. Il est sensible à la voix du Parent-Autoritaire (il se fortifie des messages négatifs qui en émanent). Il en est la victime. Il souffre.

L’Enfant-Naturel est libre, intuitif; il a le sens du jeu; il est spontané, impulsif, créateur. Il ne craint pas les émotions. Il les exprime. Il sait ce qu’il veut et le moment où il le veut (c’est-à-dire: tout de suite).

Les thérapeutes qui travaillent avec cette approche (appelée aussi analyse transactionnelle) s’entendent tous pour dire que les gens ayant peu ou pas d’estime d’euxmêmes ont un Parent-Autoritaire très fort et sont très vulnérables au stress. On dit aussi de ces gens que leur faculté de faire des choix, caractéristique de l’Adulte responsable, est diminuée en raison du manque de confiance qu’ils ont en eux-mêmes. Chez ces personnes, l’Enfant-Naturel n’a pratiquement pas de place et c’est alors l’Enfant-Rebelle (ou enfant adapté) qui fait la loi.

Les personnes souffrant de dépendance affectivesont évidemment parmi ces gens n’ayant qu’une faibleestime d’eux-mêmes et dont l’Enfant-Naturel ne s’exprime à peu près jamais. Mais, lorsqu’on comprend tous les rouages de la personnalité, on peut transformer une programmation négative en programmation positive. On redonne plus de place au Parent-Nourricier, qui aide à persévérer, et on reprend contact avec l’Enfant-Naturel après avoir gagné sa confiance.

Personnellement, ne sachant pas trop par quoi commencer pour vivre cette expérience, j’ai tout simplement pris un feuille blanche sur laquelle j’ai écrit: «Petite Michèle, je t’aime.» J’ai aussi écrit chaque étape de ma vie, soit les états de fœtus, de nourrisson, de petite enfant, d’enfant, d’adolescente et d’adulte, suivie de mon prénom, avec la mention que j’aimais cet être à ce stade de la vie. Par exemple: «Fœtus Michèle, je t’aime.» Vous ne pouvez vous imaginer à quel point cet exercice très simple peut avoir des répercussions importantes sur tout le reste de votre vie.

Au fil des mois, j’ai répété mentalement les mots <<Petite Michèle, je t’aime» des milliers de fois. En auto, en vélo, en faisant de la marche, en me couchant le soir, et surtout la nuit lorsque je ressentais de la peur ou de l’insécurité.

J’ai aussi pris l’habitude de me frictionner vigoureusement au niveau du plexus solaire, justement à cet endroit où je ressentais une angoisse m’assaillir au moment où je m’y attendais le moins.

De plus, j’ai suivi très rigoureusement les conseils de mon frère en supprimant le plus possible de ma vie, au cours de cette période, toute forme d’activités ou de substances qui auraient pu me distraire de mon but. Par exemple, si je m’éveillais la nuit, au lieu d’aller me chercher quelque chose à boire ou à manger, je profitais de l’occasion pour reprendre ma conversation avec la petite Michèle en lui demandant de me parler, de me livrer ses peines et ses colères. J’ai souvent eu des réponses par le biais de rêves qui m’ont permis de résoudre plusieurs énigmes de ma vie.

Lorsque vous aurez commencé à déblayer le terrain, prenez une feuille blanche et notez les émotions qui vous habitent: colère, peine, peur et joie. Puis prenez le temps d’accueillir et de légitimer chacune d’elles.

La colère est légitime lorsqu’elle se présente parce que vous vous respectez et voulez vous faire respecter. La peine peut s’expliquer par le fait que le besoin de votre enfant intérieur d’obtenir de l’attention et de l’affection n’est pas comblé. Prenez quelques minutes pour satisfaire ce besoin. La peur démontre la présence de l’instinct de conservation qui vous a permis de survivre aux traumatismes et aux dangers que vous avez dû traverser avant de devenir adulte. Rassurez votre enfant intérieur que maintenant vous êtes là et que les dangers sont disparus et ne pourront plus vous atteindre.

Quant à la joie, vous n’y aurez vraiment accès qu’après avoir bien identifié et accueilli les autres émotions. Mais cette joie sera si intense et si réconfortante que vous comprendrez enfin tout le sens de l’expression «déborder de joie».

Une fois cette démarche terminée, utilisez la même approche en identifiant vos sentiments négatifs, comme la honte, la culpabilité, l’impuissance et la peur d’être rejeté. Accueillez ces sentiments pour vous permettre de vous en libérer définitivement. Vous ne serez pas parfaitement guéri d’un seul coup comme si vous aviez utilisé une baguette magique, et vous aurez parfois l’impression de faire des rechutes. Ne vous découragez pas, car je sais, par expérience, que ces moments de faiblesse ne sont que de <<petites saucettes en enfer», comme le dit mon frère Louis, qui renforcent le désir de se sortir définitivement de la dépendance affective.

Et tout à coup, vous aurez vraiment la certitude que vous êtes guéri. Vous aurez alors accès à des sentiments positifs comme la paix, la sérénité, le calme et l’amour véritable.

Retrouver l’enfant en soi est donc un défi à relever. Il est facile d’accès mais difficile à vivre en ce sens qu’il vous amènera à vivre et à revivre, tant que vous n’aurez pas complété le processus, des souffrances égales ou même supérieures à celles que vous avez ressenties lorsque vous étiez cet enfant. Ce n’est qu’à ce prix que vous y accéderez. Il y aura des pleurs, des craintes de ne pas survivre et des découragements. Mais, croyez-en mon expérience et le témoignage de milliers d’autres personnes qui ont réussi à traverser ce tunnel, chaque pas est irréversible et conduit vers la liberté et l’indépendance affective.

Faire la symbiose avec soi-même

Une fois le tunnel de la dépendance franchi, arrive la plus belle période de la vie d’un ex-dépendant affectif. C’est en effet la période où l’on peut enfin dire: <<Je décide d’être heureux et je prends tous les moyens nécessaires pour l’être.»

Ce qu’il y a de merveilleux à cette étape, c’est que l’adulte libéré de la dépendance affective découvre tout un nouveau monde d’activités et d’intérêts qui ne seront jamais des anesthésiants puisqu’il n’y a plus en lui cette souffrance à congeler. De plus, il vit plus intensément les activités qui lui servaient autrefois d’anesthésiant parce que maintenant il les choisit librement au lieu de s’en servir comme bouées de sauvetage.

En étant en symbiose avec elle-même, la personne retrouve le sentiment d’omnipuissance du fœtus relié à sa mère. Les peurs et les colères durent quelques minutes tout au plus, l’insécurité disparaît pour faire place à la confiance et l’amour inconditionnel de soi-même donne maintenant accès à l’amour véritable sous toutes ses formes.

Plusieurs personnes ressentent une certaine ambivalence à ce stade, car elles vivent une période transitoire où elles cherchent où sont leurs véritables intérêts. Habituées à vivre dans la souffrance perpétuelle et à se trouver des activités pour combler un vide intérieur ou atténuer un problème, elles se sentent tout à coup dans une espèce d’état neutre parfois troublant. Mon frère Louis raconte qu’à cette étape il n’arrivait pas à trouver une seule chose qui lui fasse réellement plaisir. Il entreprit donc d’y aller à tâtons et d’essayer toutes sortes d’activités pour faire l’exploration du bonheur.

Il apprit d’abord à bien manger, ce qu’il n’avait plus fait depuis des années. À cette époque, il ne mangeait même pas un repas chaud par jour. Ce fut tout un changement positif dans sa vie. Puis il prit l’habitude d’aller souvent au cinéma, même seul, juste pour le plaisir de passer un bon moment à faire une activité de pur loisir. Il découvrit aussi les joies de la danse et se mit à voyager à l’étranger. Il parle maintenant l’espagnol couramment. Si vous le rencontriez, vous ne pourriez jamais croire qu’il a souffert de dépendance affective au point de penser sérieusement au suicide et de presque détruire son corps, qu’il traitait sans ménagement.

Cette période de symbiose avec soi-même en est aussi une de grande ébullition intellectuelle et artistique, car elle nous oriente toujours vers une plus grande créativité, qui est le propre de l’enfant naturel. On ne s’ennuie jamais dans une telle ambiance de découvertes et de réalisation de soi à tous les niveaux. Après les années de vaches maigres, c’est la période des vaches grasses qui débute. Et on peut enfin goûter à la vie sans panique ni angoisse existentielle.

Il ne faut pas penser qu’à partir de ce moment on est à l’abri de toute peine ou des épreuves normales de la vie. Cependant, on vit la peine avec plus de calme et, surtout, elle ne nous prive plus de la joie d’être avec ceux qu’on aime et de faire ce que l’on aime. C’est une différence appréciable pour un être humain qui aspire au bonheur.

La symbiose avec soi-même permet tous les espoirs, même celui d’envisager à nouveau de rencontrer l’âme sœur, mais cette fois sur des bases saines et libres de toutes attentes infantiles. Peu d’ex-dépendants affectifs se risquent dans cette voie de la vie de couple, ayant tellement été traumatisés par les échecs passés et n’ayant aucun modèle de vie de couple réussie. Ils savourent leur liberté retrouvée et le fait qu’ils n’ont pluspeur d’être rejetés ou abandonnés. Pour les ex-dépendants affectifs, partager sa vie avec un partenairen’est vraiment plus un besoin vital comme ils le croyaient auparavant. Ce peut être une préférence ou un goût, mais jamais au prix de sacrifier leur bien-être et leur sérénité.

Et pourtant, n’y a-t-il pas, dans le cœur de toute personne ayant souffert de la dépendance affective, un éternel souhait de vivre enfin, en harmonie, avec un partenaire avec lequel il serait bon de pratiquer «l’art d’aimer véritablement»?
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M
Bonjour,<br /> <br /> Je viens de lire quelques uns de vos articles qui m'ont fortement touchée. Certains des livres mentionnés je les ai lus. Je suis une célibataire qui n'attend plus le bonheur idéal et qui a appris à<br /> trouver dans chaque jour des petits bonheurs. Vous m'avez donné envie de faire un blog mais j'ignore encore toutes ses techniques. Bravo à vous et à bientôt.<br /> <br /> Chaleureusement<br /> <br /> Marie
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L
<br /> <br /> Votre commentaire me fait énormement plaisir. Mon blog a longtemps été mon bébé. Je ne savais pas comment exister, oser exister alors j'envoyais ma bouteille à la mer. <br /> <br /> <br /> Et tout ce travail de recherche, de copier-coller peut-etre, mais j'y ai passé de nombreuses heures, je voulais le partager avec d'autres.<br /> <br /> <br /> Oui je pense que le bonheur il est sous nos yeux, qu'il suffit juste de regarder. <br /> <br /> <br /> Si je peux vous aider pour votre blog, je le ferai avec plaisir, et il me tarde déjà de le lire. <br /> <br /> <br /> amicalement<br /> <br /> <br /> <br />
K
C'est exactement la bonne méthode, j'ai encore lu un article sur ce sujet cet après-midi.<br /> Bon courage
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K
"Pour m'aider à être moi-même", c'est la description que tu donnes de ton blog. Je te souhaite de tout coeur que tu y arrives. La route est longue parfois, je sais de quoi je parle, mais rien n'est inaccessible à qui fait les choses avec son coeur.<br /> A bientôt
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L
<br /> <br /> Si on regarde le bout du chemin, on pense qu'on arrivera jamais à l'atteindre. Je préfère mettre juste un pas devant l'autre, et de temps en temps, me retourner et<br /> être fière de moi.<br /> Merci de tes encouragements.<br /> <br /> <br /> <br />