pour m'aider a être moi-même
Source : http://www.apprendreaapprendre.com/reussite_scolaire/couple-vaincre-la-dependance-emotive-626-8-31.html
Il existe dans tout couple normal un certain conflit entre les besoins fusionnels et les besoins d'autonomie. Lorsque ces besoins sont à peu près égaux, les partenaires vivent en harmonie.
Mais ne soyons pas dupes: l'un des deux partenaires possède presque toujours un besoin d'aimer et d'être aimé plus fort que le besoin de l'autre. Lorsque la différence est grande, il y a alors risque de déséquilibre. Le partenaire « plus aimant » se trouve aux prises avec un problème de dépendance émotive ; quant à l'autre, il a l'impression d'avoir été piégé et est incapable de satisfaire les besoins affectifs intenses de l'autre. Il a alors tendance à se refermer en lui-même, laquelle fermeture amène le dépendant à se rapprocher davantage de son partenaire, créant ainsi un climat de tension et un cercle vicieux que j'appelle le « principe de l'ombre » : plus je te fuis, plus tu me poursuis ; plus tu me poursuis, plus je te fuis.
;;;;• Le dépendant est quelqu'un qui n'a pas su apprivoiser sa solitude
Il recherche continuellement la présence des autres, la présence d'un Autre. Il n'existe que par et pour l'Autre qu'il survalorise. Le dépendant émotif a besoin du regard de l'autre pour exister et il fait tout pour attirer ce regard. Il ne cesse de répéter « Je t'aime » et tout aussi souvent « Est-ce que tu m'aimes ». Il a continuellement besoin que son partenaire lui donne des preuves d'amours. Et il est prêt à tout pour ce faire : il sacrifie souvent son identité à la relation et devient l'écho de l'autre.
;;;;;• Le dépendant ne jure que par l'amour et est assuré que l'amour finit toujours par résoudre tous les problèmes, ce qui est évidemment une illusion
C'est un drogué de la passion. Pour lui, il n'y a que le Nous qui existe : c'est pourquoi Nous devons tout faire ensemble. L'autre n'a pas le droit d'avoir des activités personnelles, des amis intimes (surtout pas de l'autre sexe). Le dépendant pathologique devient possessif et jaloux. Il surveille l'autre et lui demande de rendre des comptes.
;;;;;• Le dépendant émotif est en fait à la recherche de la relation symbiotique vécue au sein de sa mère
Cette symbiose est synonyme de survie : il veut s'assurer qu'il y aura toujours quelqu'un qui s'occupera de lui. Le dépendant émotif
n'a pas coupé son cordon ombilical, il n'a pas appris à voler de ses propres ailes. Il a une peur terrible de la solitude et de l'abandon. Le paradoxe, c'est qu'en essayant toujours de conquérir
et de contrôler l'autre, il le fait fuir, ce qui accentue la peur du dépendant d'être rejeté. C'est pourquoi il utilise souvent le chantage : « Si tu m'aimais vraiment... tu voudrais toujours
être avec moi et seulement avec moi ».
;;;;;• Sortir de la dépendance
Aucun couple ne peut survivre à un tel déséquilibre émotionnel, déséquilibre où l'un étouffe et où l'autre est continuellement en attente d'affection, où l'un est dépendant et l'autre dominant. Pour sortir de sa dépendance et acquérir son indépendance, le dépendant doit passer par une phase de contre-dépoendance. Il doit lutter contre sa tendance à mettre sa survie et le centre de sa vie entre les mains d'une autre personne. Personne ne peut combler la soif inextinguible d'affection du dépendant sauf... lui-même.
;;;;;• Le dépendant doit apprendre à s'aimer
Il doit apprivoiser sa solitude (de toute façon nous sommes toujours seul au coeur de nous-même) ; il n'y a que lui qui habite son corps. Il n'y a que MOI qui puisse dire JE ; personne ne peut le dire pour moi. Le dépendant doit apprendre qu'il est au centre de son univers et cesser de croire qu'il est le centre de l'univers de l'autre : il doit apprendre à partir de lui pour aller vers l'autre et satisfaire ses besoins légitimes d'aimer et d'être aimé tout en respectant l'autre dans son identité et ses besoins légitimes d'aimer et d'être aimé... à sa façon.
C'est que j'appelle de l'égoïsme altruiste. Le reste n'est que narcissisme et égocentrisme infantiles, ce qu'est généralement un dépendant. Il doit partir de lui pour aller vers l'autre et non ramener l'autre, tous les autres, vers lui.
Comment un dépendant peut-il en arriver à être bien dans sa peau, dans son coeur et dans sa tête ?
- En cessant de faire du catastrophisme : je vais mourir si l'autre me quitte.
- En devenant plus réaliste : je peux être heureux même si mon partenaire n'est pas là.
- En développant des amitiés intimes et asexuées avec des personnes des deux sexes.
- En réactivant des intérêts personnels : travail, études, voyages...
- En trouvant un nouveau défi de vie.
- En devenant son meilleur ami : je suis celui avec qui je vais passer le reste de ma vie.
- En ne niant pas sa tristesse lorsqu'il est seul et en réagissant à cette tristesse : que puis-je faire en attendant que l'autre revienne vers moi ?
- En comprenant que c'est lui qui doit changer et non l'autre.
- En développant des activités pour combler sa solitude : cinéma, lecture, écriture, vacance seul au bord de la mer...
- En apprenant comment gérer le paradoxe amoureux.
- En apprenant à dire non lorsqu'à l'intérieur ça dit non et oui lorsque ça dit oui et non pas en faisant tout pour faire plaisir à l'autre, même contre soi : j'ai tout fait (j'étouffais) pour
toi.
- En accueillant l'autre avec plaisir à son retour, et non en le critiquant.
- En redevenant admirable pour l'autre.
- En se laissant aider par des amis, des parents, des psychologues (si nécessaire).
- En développant une juste distance permettant au désir de fusion amoureuse de l'autre d'être réactivé.
- En pensant positif : un amoureux de perdu, dix de retrouver ! C'est le premier divorce qui est le plus difficile! La vie existe après le divorce et, très souvent, elle est meilleure...
- En apprenant à communiquer sans accuser ou sans argumenter.
;;;;;• La contre-dépendance permet de définir ses limites et ses réels besoins
Une fois que le dépendant aura ainsi acquis son indépendance, il pourra alors développer de l'interdépendance avec une autre personne autonome et ensemble ils seront plus car non seulement ils satisferont leurs besoins affectifs réciproques, mais ils apporteront aussi beaucoup à NOUS qui, à son tour, pourra faire des petits... dépendants. L'interdépendance constitue, à mon avis, la véritable base de l'amour humain.
Dossier : Yvon Dallaire