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La colère

La colère est une émotion simple vécue contre un obstacle à notre satisfaction. Dans la tristesse, la frustration vient du manque lui-même. Ce n'est pas l'émotion en elle-même qui est néfaste mais ce que nous en faisons.

Cette émotion nous informe qu'il y a une distance entre nos attentes et notre perception de la situation actuelle. Nous considérons à tort ou à raison que quelqu'un ou quelque chose ne se comporte pas en accord avec nos croyances et avec notre système de valeurs et qu'ils transgressent certaines de nos règles personnelles. Nous percevons la situation comme une menace à un de nos besoins de base ou à une de nos valeurs importantes et nous sommes tentés de réagir agressivement dans le but de mettre fin à cette menace.

Lorsque la colère n'est pas permise et que règne l'interdiction de l'exprimer, il apparaît un mécanisme de défense appelé "refoulement". Il s'agit d'une opération de l'inconscient par laquelle une personne cherche à repousser ou à maintenir dans son inconscient des pensées, des images et des souvenirs liés à une pulsion. On refoule sa colère par peur de perdre le contrôle de soi ou de la situation, par crainte de blesser autrui et par angoisse de briser une relation importante. Refouler sa colère, c'est un héritage transmis par la société, la famille, l'école. Remarque : « la colère de groupe n'est pas interdite, elle est seulement canalisée dans des rituels de débordements : sport, manifestation, racisme national, guerre » http://www.psychanalyse.lu/articles/BernatColere.htm

Refouler la colère provoque une accumulation de frustrations qui peuvent exploser de façon inoppinée et excessive. Que faire ?

Il faut accueillir la colère comme une amie. Elle est le « non » qui vient protéger d'une attaque, défendre un espace interne, réflexe, première, contre une menace à laquelle il n'est pas question de se soummetre ou de s'aliéner. Elle est une affirmation de son existence, de ses limites, un des tout premiers mots de l'enfant. C'est un « non » proportionnel à la menace.

La colère peut avoir un autre chemin que celui de la crise et possède une fonction psychique importante à condition qu'elle soit sublimée. Il faut écouter la pensée qui a provoqué cette émotion, que ressent-on vraiment, l'obstacle est-il réel ou projeté, quel est le besoin mis en avant et non comblé.

Quelques extraits sur la colère dans le bouddhisme :

http://non-dualite.fr/bouddhisme_theravada/la_paix_un_art_une_pratique.html

« Je ne considère pas la colère comme m'étant étrangère, comme quelque chose qu'il faut extirper par une opération chirurgicale. Je sais que la colère est moi-même et que je suis colère. Non-dualité, pas deux. Je dois traiter ma colère avec soin, amour tendresse et non-violence. Je dois m'occuper de ma colère comme si je m'occupais de mon petit frère ou de ma petite soeur, avec soin et amour, car je suis moi-même la colère, je suis en elle, je suis elle. Dans le bouddhisme, on ne considère pas la colère, la haine, la cupidité comme des ennemis à combattre, à détruire ou à annihiler. Si vous annihilez la colère, vous vous annihilez vous-même. Traiter la colère de cette façon serait vous transformer en champ de bataille, vous couper en deux, un côté avec le Bouddha, l'autre avec Mara. Si vous vous débattez de cette façon, vous vous faites violence. »

« Dans le bouddhisme, le savoir est considéré comme un obstacle à la compréhension, tel un bloc de glace qui empêche l'eau de couler. Il est dit que si nous tenons une chose pour vraie, et que nous nous y accrochons, même si la vérité en personne vient frapper à notre porte, nous ne lui ouvrirons pas . Pour que les choses se révèlent d'elles-mêmes à nous, nous avons besoin d'être prêts à abandonner nos opinions les concernant. (...) »

http://www.french.dhamma.org/art.html

« D'autres explorateurs de la vérité intérieure sont allés un peu plus loin dans leur recherche ; et en faisant en eux-mêmes l'expérience de la réalité de l'esprit et de la matière, ils se sont rendus compte que détourner son attention équivaut à fuir le problème. La fuite n'est pas une solution : il faut regarder le problème en face. Chaque fois qu'une négativité apparaît dans l'esprit, observez-la simplement, faites y face. Aussitôt qu'on se met à observer quelque impureté que ce soit, elle commence à s'affaiblir. Petit à petit elle s'étiole et s'évanouit. »

« La respiration et les sensations vont aider de deux manières. D'abord, elles seront comme des secrétaires particuliers. Dès qu'une négativité va naître dans l'esprit, la respiration va perdre son rythme normal ; elle va commencer à crier : " Attention, quelque chose ne va pas ! " Et on ne peut pas gronder la respiration, il faut bien accepter l'avertissement. Similairement les sensations vont nous dire que quelque chose ne va pas. Donc, grâce à cet avertissement, on peut se mettre à observer la respiration, commencer à observer les sensations, et très vite on s'aperçoit que la négativité disparaît. »

 

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