pour m'aider a être moi-même
Je n’ai pas eu de violentes angoisses depuis un certain nombre de semaines ou de mois. Ces ‘’crises’’ me font très peur, car j’ai l’impression de perdre le contrôle de moi-même. Mais il arrive que je sente comme un gros vide à l’intérieur de mon ventre, comme un froid glacial, comme si ça se resserrait, comme s’il y avait une boule qui s’y logeait. Les prémices d’un éventuel mal-être suffisent maintenant à mettre tous mes sens en éveil. J’ai, par bonheur, un puissant réflexe : je me replie sur ce qui fait mon petit confort quotidien. Longtemps, j’ai été dans la dépendance affective et ma vie était celle de celui à qui je l’avais confié (ce n’est vraiment pas raisonnable !). Avec beaucoup de force, d’obstination, j’ai voulu à tout pris sortir de ce piège, de cette infirmité, pour garder entre les mains, le pouvoir de décision finale, qui me permettrait d’être autonome face à mes difficultés. Imaginez une voiture toujours en panne, si vous dépendez de votre mécano, vous devenez dépendant de son emplois du temps, si vous retroussez les manches et vous débrouillez seul, vous récupérez une certaine autonomie (même si les plus grosses pannes finissent au garage). J’arrive même à éprouver une satisfaction à voir que je fais face aux petites alertes. Quand je sens monter la pression, mon mot d’ordre et MOI, MOI, MOI, penser à moi, panser mon moi, réparer avant que ça aille plus loin.
J’arrive à être plus clairvoyante et j’en suis heureuse. Je ne sais pas par quelle mécanisme j’arrive à cet exploit, mais le temps passe et je vois que ça tient. J’arrive à être tellement en paix avec moi-même que je suis surprise de voir les autres se complaire dans leur souffrance, même si je sais qu’il n’y peuvent rien. Ce qui est dommage, c’est qu’on peut toujours demander de l’aide, mais même cela, les gens ne le font pas. Quel dommage, on se sent si bien et si libre quand on est en paix avec soi-même !
Je vois aussi que la vie nous brise par moment, même si on a en soi une certaine force. C’est flippant ! Un décès, une séparation, une maladie et patatrac, tout tangue. Alors je me dis qu’il faut apprécier encore et encore, ce calme, cette sérénité, quand elle est là. Je pense que plus on la cultive, plus elle peut nous donner du courage et aussi de l’expérience pour affronter les pires moments de la vie.